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Fédération québecoise du cancer
Chirurgie | période postopératoire

Chirurgie | période postopératoire

Table des matières

La période postopératoire

Les soins postopératoires commencent à la fin de l’opération et se poursuivent en salle de réveil, en salle de chirurgie d’un jour, selon le cas, tout au long de l’hospitalisation et se prolongent lors du retour à la maison et la période de convalescence.

Le but principal des soins postopératoires est d’aider l’organisme de la personne à retrouver son équilibre. La surveillance postopératoire répond à trois objectifs :

  • Veiller à la sécurité de la personne et à son confort au retour de la salle d’opération;
  • Permettre une récupération optimale et la plus grande autonomie possible;
  • Prévenir les éventuelles complications dues à l’intervention.

Immédiatement après l’opération, selon le type de chirurgie, l’équipe médicale vérifie notamment :

  • Les fonctions respiratoires, cardiaques et rénales (par la prise régulière des signes vitaux, de la saturation en oxygène, de l’élimination urinaire et par l’observation et la surveillance des signes de complication);
  • La plaie, le pansement, les drains, les perfusions intraveineuses et la sonde urinaire qui ont éventuellement été posés;
  • La présence de douleur et son intensité dans le but de bien la soulager;
  • L’état mental et émotionnel.

Des examens de contrôle tels qu’électrocardiogramme (ECG) ou prises de sang peuvent être demandés par le chirurgien ou un médecin consultant en fonction de l’état général de la personne et de ses antécédents médicaux.

Les phlébites aussi appelées thromboses veineuses profondes (TVP) (c’est-à-dire la formation d’un caillot dans une veine) sont surveillées et prévenues par l’administration d’un traitement préventif pour les personnes qui doivent rester allongées et immobiles de façon prolongée.

Contrôle de la douleur postopératoire

Il est normal d’avoir de la douleur après une opération. Elle est souvent plus forte dans les premières 24 à 48 heures et diminue peu à peu par la suite. L’équipe soignante est là pour aider la personne à obtenir le meilleur soulagement. L’infirmière évaluera la douleur tout au long du séjour à l’hôpital. Elle évaluera la douleur à l’aide d’une échelle de 0 à 10. La valeur « 0 » signifiant aucune douleur et « 10 » la pire douleur.

Exemple d’une échelle de douleur de 0 à 10 :

Echelle_douleur

Il est important que la douleur soit soulagée. Cela aidera à récupérer plus rapidement et préviendra les complications. Lorsque la douleur est soulagée, il est plus facile de bouger et de circuler, de mieux respirer, mieux dormir et mieux manger.

Voici les types d’administration de médicaments qui pourront être utilisés pour le soulagement de la douleur après la chirurgie :

Analgésie contrôlée par le patient (ACP)

Médicament administré au besoin à l’aide d’une pompe reliée à la perfusion intraveineuse. Lorsque la douleur se manifeste, il faut appuyer sur le bouton de la manette reliée à la pompe. Une petite quantité de médicament sera alors injectée. Cette pompe est d’utilisation simple et sécuritaire. Elle est programmée pour ne pas dépasser la dose prescrite par le médecin.

Analgésie péridurale 

Médicament administré de façon continue à l’aide d’un cathéter installé dans le dos. Telle que décrite dans le précédent paragraphe, une manette reliée à la pompe qui administre la médication peut être utilisée au besoin pour certaines chirurgies.

Analgésie sous-cutanée 

Médicament administré à l’aide d’injections sous la peau prescrit au besoin à intervalles déterminés par le médecin. Il est recommandé de demander à l’infirmière cette médication dès que la douleur débute afin d’éviter qu’elle ne devienne trop forte et ainsi plus difficile à soulager.

Analgésie en comprimés par la bouche

Ce type de médicament pris par la bouche est utilisé dès que possible. Il doit aussi être demandé lorsque la douleur commence à se manifester. Cela permet à l’équipe soignante de s’assurer que ce médicament soulage bien avant le départ à la maison. Lorsqu’une personne quitte l’hôpital avec de la médication pour le soulagement de la douleur à la maison, c’est habituellement une analgésie en comprimés qui est prescrite. La médication analgésique qui est administrée en postopératoire peut occasionner des effets secondaires, notamment des nausées et de la constipation.

Pour contrôler les nausées, le médecin prescrit de la médication qui sera administrée par l’infirmière au besoin, de là l’importance de lui mentionner cet effet indésirable.

En ce qui concerne la constipation, voici quelques consignes, si permises par le médecin, facilement applicables à la maison pour la prévenir et mieux la gérer au besoin :

  • Boire beaucoup d’eau (6-8 verres par jour);
  • Manger des fruits, des légumes et des céréales à grains entiers;
  • Consommer des boissons chaudes : bouillon, soupe, tisane, thé faible pour aider à stimuler l’intestin;
  • Prendre des repas et des collations à des heures régulières;
  • Faire un exercice léger (marche après le repas).

Afin de prévenir les complications postopératoires, des mesures seront prises par le personnel infirmier.

La mobilisation précoce 

Il est recommandé de bouger toutes les deux heures lorsque la personne est couchée. Un premier lever est fait rapidement avec l’aide du personnel infirmier. Celui-ci utilise une technique du premier lever sécuritaire. Il est recommandé de bien suivre les consignes et éviter de tenter de se lever seul.

Les exercices respiratoires 

Ils favorisent l’élimination des sécrétions après la chirurgie et permettent ainsi d’éviter les complications pulmonaires comme les infections respiratoires (pneumonies). Il est recommandé de les réaliser avec ou sans spiromètre (appareil qui aide à faire des inspirations maximales), 5 fois à chaque heure selon la technique suivante : 

Sans appareil 

En position assise ou semi-assise, placer les mains sur le ventre.

Prendre une inspiration lentement en gonflant le ventre et retenir sa respiration pendant 3 secondes.

Expirer lentement par la bouche.

Si les exercices respiratoires causent de la douleur en raison d’une plaie au ventre, utiliser un oreiller ou une couverture pliée pour faire une pression sur la plaie lors des exercices ou si l’on tousse.

Avec spiromètre 

En position assise ou semi-assise, expirer pour vider complètement les poumons.

Placer l’embout de l’appareil dans la bouche.

Prendre une inspiration lentement et profondément pour faire monter la bille de l’appareil environ 3 secondes.

Exercices circulatoires 

Les exercices circulatoires aident à la circulation du sang et permettent de diminuer le risque de caillot de sang dans les veines (thrombophlébite). Il est recommandé de les pratiquer plusieurs fois à chaque heure en utilisant la technique suivante :

  • En position couchée sur le dos, prendre une inspiration;
  • Pointer les pieds le plus loin possible et ensuite les tirer énergiquement vers le menton;
  • Expirer lentement.

Reprise de l’alimentation 

L’alimentation est reprise graduellement dès que possible en fonction du type de chirurgie et des précautions nécessaires s’il y a lieu. 

Hygiène 

Au besoin, de l’aide sera fournie pour les soins d’hygiène jusqu’à la reprise graduelle de l’autonomie.

Élimination urinaire et intestinale 

Pour certaines chirurgies, une sonde urinaire (tube souple dans la vessie pour vider l’urine) sera en place en postopératoire. Elle peut être nécessaire de 24 heures à quelques jours. Cela permet de vider la vessie et de surveiller le fonctionnement rénal. 

Lorsque l’alimentation sera reprise graduellement, des gaz pourraient se manifester. Il est normal de ne pas avoir de selles les premiers jours.

ATTENTION!

Il est important d’aviser l’infirmière s’il est difficile ou impossible d’uriner et si de l’inconfort ou de la constipation se manifeste.

Programme de rééducation

Certaines opérations peuvent causer des séquelles temporaires ou permanentes ou des complications médicales qui nécessitent une rééducation. Celle-ci est débutée dès que possible en postopératoire auprès d’intervenants spécialisés tels que des physiothérapeutes, des ergothérapeutes, des nutritionnistes ou autres. 

Enseignement des auto-soins 

Les auto-soins sont les soins que la personne se donne à elle-même (par exemple, les actions à faire soi-même pour favoriser la guérison d’une plaie).

Lorsque nécessaire, un programme d’enseignement d’auto-soins sera débuté par l’infirmière dès que la condition de la personne le permettra. Cela concerne souvent l’apprentissage de soins de plaie ou d’appareil de drainage (drain, sonde urinaire, soins de stomie, etc.) Ainsi, ces apprentissages seront mis en œuvre par la personne lors du retour à domicile après l’hospitalisation pour une durée variable, pouvant être temporaire ou permanente. Selon les besoins, certaines personnes pourront être référées au CLSC de leur région pour des soins ou une surveillance spécifique.

Retour à domicile

Planification du retour à domicile

La planification du retour à domicile débute dès la connaissance de la date de la chirurgie et de la convalescence prévue. Voici quelques recommandations afin de bien s’y préparer :

  • Aménager le domicile pour que tout soit facile pour la convalescence. Par exemple, faciliter la circulation en enlevant meubles ou objets non nécessaires. Prévoir des tables de chevet plus grandes près du lit et du fauteuil afin de pouvoir y déposer toutes les choses nécessaires au confort.
  • Si possible, il est recommandé de préparer des repas à l’avance et de les congeler. Ils seront prêts pour le retour à domicile.
  • Faire les achats nécessaires à l’épicerie et à la pharmacie.
  • Prévoir de l’acétaminophène (Tylénol) pour soulager la douleur après la chirurgie.
  • Avoir à domicile un thermomètre pour vérifier la température au besoin. 
  • Penser à planifier, au besoin, l’usage des services d’aide communautaires tels que : ménage, popote roulante, etc. Il est possible de trouver de l’information à cet effet en composant le 211 pour certaines régions couvertes par ce service ou en consultant la rubrique « Services sociaux et humanitaires » dans les pages jaunes du bottin.
  • Si l’aide à domicile est insuffisante ou si l’état général de la personne le nécessite, il est possible de réserver un séjour en maison de convalescence : des informations sont disponibles à cet effet sur la rubrique « Résidences pour personnes retraitées » dans les pages jaunes du bottin téléphonique ou sur le site Internet du ministère de la Santé et des Services sociaux.


Retour à domicile et convalescence 

Dans les jours ou la veille précédant le départ, le personnel soignant ou le chirurgien avisera de la date possible du départ. Dès que la date prévue du départ est connue, il est important d’en aviser les proches afin de planifier le retour à domicile, l’accompagnement et le transport. Une personne devra rester sur place à domicile durant les premières 24 heures. La personne hospitalisée est responsable d’organiser son transport avec ses proches. Lorsqu’une personne quitte l’hôpital après une chirurgie, celle-ci est généralement en mesure de s’occuper d’elle-même au quotidien. Elle peut avoir besoin d’aide pour les activités domestiques telles que la cuisine, le ménage ou les emplettes.

Idéalement, le départ doit avoir lieu le plus tôt possible en avant-midi. Voici quelques questions importantes à clarifier avant de partir :

  • Médication antérieure à cesser, reprendre ou à poursuivre?
  • Si nouvelle médication, à prendre pour quelle période précise?
  • Quand planifier le rendez-vous de suivi avec le chirurgien?
  • Quand revoir son médecin de famille? Demander un résumé de l’hospitalisation à lui envoyer.
  • Prescriptions pour médication, soins de plaie ou intervention soins infirmiers spécifiques
  • Quand prendre une douche? Un bain?
  • Quand reprendre les activités habituelles et sportives?
  • Quand reprendre la conduite automobile?
  • Quand reprendre le travail?

Avant de quitter l’hôpital, avoir en main ses cartes d’assurance maladie et d’hôpital, les prescriptions médicales et les médicaments personnels, s’il y a lieu.

Le personnel soignant fournira des consignes claires, écrites ou verbales. Les renseignements doivent être personnalisés en fonction de la personne et de la situation clinique. Entre autres, il conseillera le patient ou la personne aidante sur les signes et symptômes à surveiller et, selon le cas, à aviser ou consulter. S’il y a une demande de soins à domicile, une infirmière de liaison informera la personne du suivi prévu et de la date de la première visite de l’infirmière à domicile.

Soulagement de la douleur à domicile

L’équipe soignante donnera les consignes d’utilisation des analgésiques et une prescription au besoin. Il est important de soulager la douleur. Celle-ci s’atténuera graduellement, et conséquemment la prise de médication analgésique diminuera également jusqu’à cesser. Dès que possible, lorsque la douleur sera moins forte, en autant qu’il soit efficace, privilégier la prise d’acétaminophène (Tylénol) plutôt qu’un autre analgésique. Bien suivre la posologie prescrite ou recommandée.

Plaie et pansement 

Pour les soins de plaie, de pansement ou d’exercices de récupération postopératoire, il faut suivre le guide d’enseignement de la chirurgie ou les consignes spécifiées par le personnel soignant. Pour des soins plus compliqués, une demande de soins peut être faite au CLSC. Le personnel infirmier se déplacera à domicile pour les personnes en perte d’autonomie, mais les personnes pouvant se déplacer seront rencontrées sur rendez-vous dans les bureaux du CLSC.

Pour une période de 12 mois, il faut éviter que la plaie chirurgicale soit exposée au soleil.

Hygiène 

Suivre les consignes du chirurgien et du guide d’enseignement de la chirurgie. Il faut éviter de mouiller la plaie tant qu’elle n’est pas complètement fermée. Il faut s’assurer de connaître les consignes précises en ce qui concerne la douche ou le bain.

Activités physiques 

Suivre les consignes du chirurgien ou du guide d’enseignement de la chirurgie. Éviter les efforts et activités physiques intenses. Les activités physiques sont essentielles à la récupération et au renouvellement de l’énergie, mais doivent reprendre graduellement afin de maintenir un équilibre entre l’activité et le repos nécessaire à la convalescence. Plusieurs petites périodes d’activités sont préférables à une seule longue afin d’éviter le surmenage. Consultez au besoin nos kinésiologues.

Retour au travail

Le médecin indiquera quand le travail pourra être repris. En prévision de l’arrêt de travail pour convalescence, prévoir les documents d’assurances exigés par l’employeur afin qu’ils puissent être complétés par le chirurgien. Lorsque la personne est apte à reprendre le travail, il est recommandé de bénéficier des programmes de retour progressif si disponibles au sein du milieu de travail. Au moment opportun, le chirurgien devra préciser les modalités du retour au travail progressif.

Complications à surveiller

Appeler Info-Santé (composez le 811), l’infirmière pivot en oncologie (s’il y a lieu), l’infirmière de la Ligne Info-cancer (au 1 800 363-0063) ou se présenter à l’urgence si un ou plusieurs signes suivants se présentent :

  • Douleur qui augmente même avec les médicaments;
  • Signes d’infection de la plaie tels que : rougeur qui semble augmenter, gonflement, écoulement de pus, douleur, chaleur;
  • Fièvre : lorsque la température buccale d’un adulte âgé de moins de 65 ans = 38,5°C et plus (ou 101,3°F et plus) ou d’un adulte âgé de 65 ans et plus = 37,8°C et plus (98,6°F et plus);
  • Présence de beaucoup de sang sur les pansements;
  • Incapacité de boire ou de manger;
  • Vomissements;
  • Sensation de brûlure en urinant;
  • Difficulté ou incapacité à uriner;
  • Constipation non résolue par consignes du personnel reçues au départ;
  • Enflure ou douleur à un mollet qui augmente à la marche;
  • Essoufflement (souffle court);
  • Douleur au thorax;
  • Autres signes et symptômes du guide d’enseignement spécifique à la chirurgie s’il y a lieu. 


En cas d’urgence, composez le 911. 

Durée de la convalescence 

La convalescence est le temps pendant lequel se réalise le rétablissement, le retour progressif à la santé après l’opération. Sa durée est très variable entre quelques semaines à quelques mois. Elle varie en fonction de l’âge et la santé globale de la personne, du type de chirurgie, de la réadaptation nécessaire et du type d’anesthésie. Toutefois, quelle que soit l’opération pratiquée, il est normal de ressentir de la fatigue. Le corps mobilise des ressources afin de travailler à la guérison et cela exige beaucoup d’énergie. Il faut donc se reposer et reprendre graduellement les activités en fonction de l’énergie disponible. Au besoin, pour toute inquiétude devant une fatigue prolongée, il est recommandé d’en informer l’équipe de soins ou de contacter l’infirmière pivot en oncologie (s’il y a lieu) ou les infirmières de la Ligne Info-cancer au 1 800 363-0063.


Appelez à la ligne Info-cancer

Sources :

Soins post-opératoires

Surveillance post-opératoire

Les exercices respiratoires après une opération

Spirométrie incitative

Cancer de la prostate

Dépistage - Cancer du sein

Cancer du testicule

Cancer du poumon

Cancer de la peau

Cancer colorectal